Toute une histoire

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- Ils sont victimes de ce
qu'on appelle un "corbeau".
- Je reçois des
courriers anonymes depuis 16 mois,
des menaces de mort.
On me demande quand je vais partir.
- Ca a commencé par des
appels téléphoniques, des insultes.
- Messages et
lettres anonymes, menaces,
un mystère difficile à percer...
- Le fait de recevoir tous ces
courriers, vous devenez méfiant.
- On devient parano,
jusqu'à aller tous les matins
sous la voiture pour regarder s'il
n'y a pas une bombe.
Vous suspectez vos
voisins, votre famille.
- Je dors 3-4 heures par nuit...
J'ai failli
commettre l'irréparable.
Mon téléphone a
sonné et j'ai répondu,
c'est ce qui a fait que je
ne suis pas passé à l'acte.
- Mais qui était cette
personne qui les faisait trembler?
- Elle a fini par avouer que
c'était elle qui était l'auteur
de tout ça.
Je voudrais arriver à
oublier, mais je ne peux pas.
- Bonjour à tous, merci d'être
fidèles au rendez-vous chaque jour.
Mes invités ont vu leur
quotidien se transformer
en cauchemar lorsqu'une personne
anonyme a commencé à s'en prendre
à eux.
Menaces de mort,
dénonciations calomnieuses,
un ennemi invisible c'est
infiltré dans leur vie privée.
"Ils ont été victimes d'un corbeau"
c'est notre thème aujourd'hui
et en fin d'émission,
nous retrouverons un
jeune homme qui a fait bien
du chemin depuis son
premier passage sur notre plateau,
Amaury Vassili nous
donnera de ses nouvelles.
D'abord, ouvrons notre première
partie "Cet inconnu que me veut
du mal".
Annette, bonjour.
Comment le thème de notre première
partie raisonne-t-il en vous?
- J'ai été victime d'un
corbeau pendant cinq mois.
- Tout a commencé le
9 septembre 2012 alors
que vous rentriez
d'un week-end en famille.
Dans quel état
avez-vous retrouvé votre maison?
- Notre maison
avait été vandalisée.
Nous avons tout perdu puisque tous
les robinets de la maison avait
été ouvert, les issues obstruées,
ce qui fait que l'eau
est montée dans la maison.
Les canapés, les housses
de couettes, les matelas,
tout étaient lacérés.
- Quand on se retrouve
chez soi, devant ce constat,
on a une impression de viol...
- Oui, on ne comprend pas pourquoi
tant de haine et de violence.
On a perdu toutes les photos,
tous les documents administratifs.
- Quelles explications
avez-vous trouvé sur le coup?
- Nous avons pensé
à des cambrioleurs,
car nous n'avions pas d'ennemis.
- Vous avez subi un
préjudice important,
à quel point les dommages
étaient-ils significatifs?
- Nous n'avons pas pu habiter notre
maison pendant plus de trois mois,
le temps que tous les
travaux soient faits.
Le mobilier a être changé.
- Vous avez habité où?
- D'abord dans une
résidence secondaire,
et puis après nous avons été
hébergés dans de la famille.
- Vous êtes allés dans
votre résidence secondaire,
mais là-bas de nouveaux
incidents se sont produits...
- Oui.
Là, c'était le salon de jardin
déplacé, les portillons arrachés,
du liquide vaisselle répandu dans
la maison, tout ça sans effraction.
- Donc sans effraction,
ça veut dire que quelqu'un
pouvait s'introduire chez vous...
- Oui, après je me disais
que les cambrioleurs
étaient suffisamment malins.
- Quand avez-vous
commencé à prendre peur?
- Lorsque les premiers
SMS ont commencé à arriver,
des SMS du style "Vous avez
de jolis petits enfants mais
des chiens moins jolis", "La maison
principale, ça ne vous a pas suffi,
on va s'en prendre
à l'autre maison".
Sur deux jours, j'ai
reçu une dizaine de SMS.
- Vous vous êtes dit quoi?
- Maintenant, ce
n'étaient plus des cambrioleurs,
c'était quelqu'un
qui nous en voulait.
J'ai fait la relation du coup.
- Quelqu'un qui vous connaissait
et qui vous observait...
Là, on a peur?
- Oui, on devient parano,
jusqu'à aller tous
les matins regarder sous
la voiture pour voir
s'il n'y a pas une bombe.
Quand on circule, on
se sent toujours épiés.
- Vous êtes allés porter plainte?
- Oui.
On avait porté
plainte pour le cambriolage,
et à chaque fois qu'on recevait
des SMS, on portait plainte.
- Quelle décision avez-vous prise
pour tenter de vous débarrasser
de ce corbeau?
- J'ai décidé de
changer de numéro de portable.
C'étaient des SMS que je recevais,
donc j'ai changé mes numéros
de portables et de téléphone fixe
et je me suis mis sur liste rouge.
- Ca a cessé?
- Oui, pendant un mois et demi.
- Quels nouveaux
incidents se sont produits?
- On est rentrés chez nous
car les travaux étaient terminés.
Après, on trouvait de la
terre sur les rebords de fenêtre,
les pneus des véhicules crevés,
le portail électrique
qui s'ouvrait tout seul...
- Est-ce que vous
avez essayé d'installer
un système pour
surveiller la maison?
- Oui, sur les
conseils de la gendarmerie,
on a installé une
caméra avec une carte mémoire.
Début janvier 2013, un soir
en voulant fermer les volets,
je m'aperçois
qu'il y a de la terre.
Toute contente, je
me dit qu'on les tient.
La copine de mon fils
s'est proposée d'aller enlever
la carte mémoire de la caméra,
et il s'est avéré que la
carte mémoire avait disparu.
On s'est demandé s'ils nous
avaient vu installer la caméra.
On l'avait bien caché.
On s'est dit alors qu'ils
étaient vraiment à côté de nous,
donc on a suspecté nos voisins,
notre famille, tout le monde.
- Cet ennemi invisible
semait la terreur chez vous,
et puis cette personne
mystérieuse a fini par s'en prendre
à quelqu'un en particulier...
- Le 8 janvier exactement,
j'ai reçu des SMS beaucoup
plus agressifs qui touchaient
mes petits-enfants.
Un SMS me disait: "Vous
avez deux jolis petits-enfants,
le petit chante bien à l'école,
la petite est une vraie poupée,
mais on va les
saigner devant vos yeux.
On va
commencer par les plus jeunes.
Tic-tac, tic-tac, le
compte à rebours est lancé".
- Donc là, vous avez réagi comment?
- Vous êtes terrorisés, vous vous
dites qu'on ne va jamais en finir.
Sur les conseils de la
gendarmerie, ma fille,
mon gendre et mes petits-enfants
ont déménager de chez eux.
Ils sont partis dans des lieux,
dans de la
famille et chez des amis,
avec interdiction de
dire chez qui ils allaient.
Bien évidemment, en
plus de ce que vous vivez,
vous ne voyez plus vos
enfants et vos petits-enfants,
c'est un
traumatisme supplémentaire.
Vous allez plus travailler, vous ne
mangez plus, vous ne dormez plus.
- C'est terrible tout ça...
- Vous arrêtez de travailler
car vous n'êtes plus en état.
- Vous avez géré ça de
manière unie avec votre conjoint?
- Heureusement, on est un couple
uni, on a des amis, de la famille,
parce que tout seul,
franchement, vous ne pouvez pas.
- On a l'impression de devenir fou.
- Oui, et que les
autres doivent se dire:
ils sont complètement
fous dans cette famille.
Je pense que la personne qui
faisait ça, maintenant je le sais,
cherchait à me
détruire psychologiquement,
puisqu'elle savait l'amour que
je porte à mes petits-enfants.
- Vous nous direz tout à l'heure
ce que vous avez découvert...
On va demander à Marc,
avocat pénaliste au
bureau de Carpentras d'abord
ce qu'il pense de ce témoignage,
et surtout comment on
doit réagir selon vous,
lorsqu'on se retrouve
victime d'un corbeau...
- Ce qu'il faut faire,
c'est ce qu'a fait Anbette,
c'est immédiatement
réagir, ne pas garder ça pour soi,
en se disant que ça va passer.
Il faut déposer
plainte et systématiquement,
à chaque nouvel événement, il
faut retourner à la gendarmerie,
ne pas avoir peur
d'harceler les gendarmes,
parce qu'ils ont aussi
quand même, je pense aux SMS,
des moyens techniques de
remonter vers l'expéditeur de
ces sms donc il faut les conserver.
Là, ce sont des SMS mais il
faut faire en sorte de garder
des traces de ça, pour que
lorsqu'on trouve le corbeau,
on ait les éléments qui permettent
de déterminer que c'est lui.
- Comment on imprime un SMS?
- En fait, c'est assez simple,
vous faites une capture d'écran.
- En appuyant en haut et en bas...
- Ensuite, vous
imprimez sans difficulté,
et si vraiment ce sont des
SMS importants et qu'il convient
de les conserver
de manière certaine,
on va chez un huissier de justice,
et il les retranscrit
par acte extrajudiciaire.
- Vous disiez qu'il fallait
insister auprès des gendarmes...
A partir de quel moment ils ont
le droit de remonter pour trouver
la source et l'origine?
Souvent quand vous
allez porter plainte,
on vous dit qu'on
ne peut rien faire,
que vous n'avez pas été agressé...
- Maintenant, il existe
des dispositions légales
sur les appels malveillants,
même pour les gens qui
téléphonent sans rien dire.
A partir du moment
il y a des appels répétés,
donc par définition
c'est au moins deux,
vous êtes en droit d'aller déposer
plainte, et ils ont les moyens,
même en placant un
boîtier chez vous,
qui permet de faire le
mouchard de savoir qui vous envoie
ce genre SMS.
Donc il n'y a aucune difficulté.
Quand il y a eu plus de
deux appels malveillants,
vous avez parfaitement le
droit d'aller déposer plainte.
Pour un gendarme, ce n'est
pas le braquage de la veille,
ce n'est pas le cambriolage
ou la dégradation d'un abribus
de la commune, donc ça peut
prendre moins de priorité pour lui,
et c'est en cela qu'il faut y
retourner et faire "le siège"
de ces gens pour qu'ils
prennent la mesure de la difficulté
et de l'inquiétude dans
laquelle vous vous trouvez.
- On va découvrir
désormais l'histoire de Thierry.
Bonjour.
Dans quelle situation vous
trouvez-vous actuellement?
- Dans la même situation
que la personne précédente,
je reçois des courriers
anonymes depuis seize mois,
à une fréquence assez régulière.
- Quel genre de courrier?
- Des courriers
concernant ma compagne,
je reçois aussi
des menaces de mort,
je reçois des
courriers avec des cercueils,
comme quoi on n'a pas besoin
de moi à l'endroit je vis,
que je n'ai rien à faire ici et
on me demande quand je vais partir.
- En 2008, après une
carrière professionnelle à Paris,
vous avez décidé de passer
une retraite paisible dans
un petit village.
Comment vous êtes vous adapté à
cette nouvelle vie à la campagne
en Gironde?
- Je possédais une petite maison
qui me venait de mes parents,
donc après cette
activité professionnelle à Paris,
j'ai décidé
d'aller dans cette maison,
en espérant passer des
moments paisibles et agréables.
Sachant que je fais de la moto...
- Plutôt dans les vignes?
- Plutôt en bord de mer.
Je savais qu'il y
avait un club de moto,
je me suis inscrit
à ce club de moto,
de façon à faire reconnaissance
avec des personnes sur le secteur.
- Et c'est par le
biais de cette association
que vous avez rencontré Béatrice...
- Oui, j'ai donc fait
connaissance de Béatrice.
Je la rencontrais lors des
différents repas organisés
par le club, ça se
passait de façon mensuelle.
- Et vous avez lié connaissance...
Une certaine complicité...
- Complicité, pas tout de suite,
je dirais qu'il
y avait constatation
d'un regard particulier.
- Ca veut dire quoi?
Vous étiez attirés
l'un par l'autre...
- Elle m'a avoué par la
suite qu'elle avait été attirée
par moi dès l'origine.
Pour moi, ce n'était pas
possible car elle était mariée,
donc inaccessible.
Je ne voulais pas
entrer dans ce "jeu",
ça ne
correspondait pas à mes valeurs.
- En général, quand
on se dit ça, on y va...
- Non, il s'est passé un certain
temps, jusqu'au jour on y va,
comme vous dites...
Il s'est passé quasiment
quatre ans entre le moment
on a fait connaissance et
et le moment on est dans
les bras l'un de l'autre.
- Alors vous vous
êtes embarqués dans
une histoire avec cette
femme mariée avec la discrétion
que cela implique, mais
malgré vos précautions,
quelqu'un a fini par
découvrir le pot aux roses, qui?
- Justement, on aimerait bien
savoir qui sont ces personnes,
parce que pour moi, il
n'y a pas une seule personne.
- Comment vous en
êtes vous rendu compte?
- Le mari de Béatrice a reçu
un courrier sur lequel il y avait
un montage photo.
Il y avait le mari désigné comme
le cocu, Béatrice la garce et moi,
l'amant.
J'ai moi-même reçu une lettre,
c'était une lettre de condoléances
sur laquelle était écrit
"Tu aurais mieux
choisir, gares à toi maintenant."
- "Mieux choisir",
sous-entendu que cette personne
avait peut-être d'autres relations?
- Je ne pense pas que c'était dit
dans ce sens-là, mais pluôt moi,
j'aurais aller
voir quelqu'un d'autre.
- Ces lettres ont marqué
le début d'une longue série,
quelle était la teneur de
ces courriers à chaque fois?
Toujours des menaces?
- Toujours des
propos dévalorisants,
salissants vis-à-vis d'elle.
- A quelle
fréquence vous en receviez?
- C'était une par mois.
Au mois de novembre,
j'en ai reçu une par semaine,
c'est aller
jusqu'à ce qu'on me dépose
un courrier sans enveloppe
dans ma boîte aux lettres,
donc je pense que la
personne a pris quelques risques...
- Ca a eu des conséquences
sur votre relation avec Béatrice?
- Bien évidemment, ça a
créé des tensions entre nous,
des engueulades malgré tout, ça a
créé des séparations momentanées.
Mais même par rapport à tout ça,
il y avait encore cet amour
entre nous qui a fait qu'on
se retrouve
toujours l'un avec l'autre.
- Et le village?
Vous avez senti des
différences de comportement?
- On me regarde bizarrement.
- Vous en êtes sûr, ce
n'est pas vous qui imaginez?
- C'est possible, mais quand
on reçoit ce genre de courrier,
c'est fatal.
On se sent visé.
- D'autres personnes
ont reçu des courriers?
- Il y a eu des commerçants qui ont
eu connaissance de cette relation,
qui ont reçu des courriers,
ça a été jusqu'au
président du club
moto.
J'ai également entendu dire que
des e-mails avaient été adressés
à des adhérents du
club, donc ça va loin.
- Toujours sur votre histoire,
c'est-à-dire que le
corbeau inondait le village pour
que tout le monde soit
informé de ce qui vous arrivait...
- Comment vous sentez-vous?
- Très mal.
Je suis affecté, et
Béatrice davantage.
Je dors trois-quatre heures par
nuit, je n'arrive plus à dormir.
- Et Béatrice?
- Elle est en
dépression en ce moment.
- Elle est toujours avec son mari?
- Non, elle l'a quitté.
Il y a une demande de
divorce qui est en cours.
- Et vous recevez
toujours des lettres...
Nathalie, que vous
inspirent les témoignages
que vous venez d'entendre?
- Je reconnais le
principe d'un corbeau,
cependant ça m'a
touchée sur le sujet
de manière beaucoup plus intime,
puisqu'il s'agit de
la mort de ma fille.
J'étais déjà fragilisée,
et le principe de
m'attaquer de cette manière-là,
de ne pas avoir
d'adversaire à affronter,
car je suis une femme qui affronte,
a largement
participé à me faire sombrer.
- Vous nous parliez de la
disparition de votre fille.
Dans quelles circonstances
a-t-elle perdu la vie?
- Elle avait 17 ans,
je l'ai confiée à un organisme
de voyages pour des vacances
aux États-Unis.
L'animatrice s'est endormie au
volant, elle a tué deux enfants,
ma fille et une camarade.
C'était le 22 août 2009,
ce jour-là, ma vie a basculé,
et je me suis
battue tant que j'ai pu.
- De quelle manière avez-vous
souhaité poursuivre cette bataille?
- J'ai lancé deux procédures,
une procédure pénale en France,
et une procédure
civile aux États-Unis.
Parce que tout le monde sait que
les États-Unis sanctionnent
bien plus que la France.
Pendant trois ans,
je me suis acharnée à
conduire une procédure américaine.
C'est une procédure
civile qui s'est conclue...
- Ca vous permettez aussi
de lutter contre le chagrin...
- Oui, j'ai cru que j'étais
épargnée par la dépression,
que j'allais rattraper
quelque chose qui m'avait échappée.
Mais je l'ai toujours fait avec une
conviction, l'amour de ma fille.
Je lui devais ça,
pas parce qu'elle était morte
mais on est arrivés à salir ça.
- Qu'est-ce qui s'est passé?
- Un e-mail adressé au président de
l'association que nous avions créé,
justement pour que les
enfants soient mieux protégés dans
ces séjours.
On a écrit à cette personne-là
que j'avais toucher le pactole,
parce que j'avais été indemnisée.
Alors que cet argent,
j'en avais presque honte,
je ne l'attendais
pas, et je ne l'avais pas.
Le corbeau a su
avant moi le montant,
puisque les documents
confidentiels avaient été volés,
on les a utilisés contre moi
pour me salir, c'est un viol.
- Vous avez pensé à
quelqu'un en particulier?
- Oui, je ne dirais pas le nom,
je veux que la
justice fasse son travail.
- Quelqu'un ou une organisation...
- Non, je ne pense pas, je
pense à quelqu'un de mon entourage.
- Pour penser à ça, vous avez pu en
savoir un peu plus sur ce corbeau?
- Non, j'ai pu échanger
un e-mail en leur demandant
de me rencontrer
puisqu'ils avaient des documents,
de pouvoir les
confronter avec les miens,
pour que je puisse rétablir la
vérité, mais ils n'ont pas voulu.
- Des documents
qui prouvaient quoi?
- Que je n'avais pas
cédé mon âme au diable...
- Les documents que le
corbeau détenait prouver quoi?
- Il disait que j'avais renoncé
à tous recours pénales pour pouvoir
avoir l'argent aux États-Unis,
ce qui était faux.
Je veux la vérité en France.
- Ce corbeau et ses
courriers étaient destinés
à d'autres personnes que vous?
- Il ne visait que moi.
- D'autres
personnes les recevaient?
- Tout mon entourage, mes amis,
une page Facebook a été créée,
mes amis ont été
invités à rejoindre cette page.
C'était une lettre
ouverte on m'interpellait et
on me demandait ce que je comptais
faire de tous mes millions,
et pourquoi est-ce qu'on avait créé
une association
puisque j'étais riche.
- On vous accuse d'avoir
touché de l'argent sur la mort
de votre enfant...
Quand vous avez proposé
ce rendez-vous pour proposer
les documents qui
prouvent le contraire,
que vous n'avez pas
renoncé au combat pénal
aux
Etats-Unis,
est-ce que le corbeau a accepté?
- Non, mais je lui ai dit:
"Personne n'est anonyme derrière
un mail et je
vais vous identifier".
- Vous avez pu
remonter à la source?
- La police a rédigé sa plainte,
la justice, elle, va à son rythme.
- Ces personnes ont
entamé contre vous une campagne
de dénigrement sur Internet,
vous nous direz quelles en
ont été les conséquences après
ces quelques messages...
- Comme nos invités, vous pouvez
nous raconter votre histoire...
Aujourd'hui, c'est
un invité d'exception
que nous retrouverons
dans "L'Histoire continue...".
En 2006, Amaury Vassili
nous avait fait partager
son rêve: faire
carrière dans la chanson.
- Tes yeux brillent
quand je parle de ça...
- 7 ans plus tard,
le pari est réussi.
- Les invités
que je reçois aujourd'hui
sont victimes d'un corbeau
qui a décidé de faire de leur vie
un enfer: lettres anonymes, appels,
SMS, leur quotidien
est devenu invivable.
Mais qui se cache derrière tout ça
et pourquoi leur en veut-on autant?
Annette a trouvé la
réponse en ce qui la concerne,
c'est ce qu'elle va nous raconter
dans notre deuxième partie,
"Faire tomber le masque".
Annette, vous étiez victime depuis
cinq mois d'actes malveillants
et de menaces de mort.
Après avoir porté
plainte à plusieurs reprises,
qu'avez-vous finalement
découvert en janvier 2013?
- Le 29 janvier 2013,
je vais à la gendarmerie après
que les pneus de ma voiture aient
été crevés pour la deuxième fois,
et les gendarmes me
demandent d'amener la compagne
de mon fils car elle était la
seule personne de la famille à
ne pas encore avoir été entendue.
- Pourquoi n'avait-elle
pas encore été entendue?
- Parce qu'elle était la
dernière arrivée dans la famille,
je ne sais pas.
- Vous vous
entendiez bien avec elle?
- Très bien.
Sûrement qu'elle
n'avait pas été entendue,
c'est après qu'on
analyse les choses,
car la gendarmerie attendait
d'avoir suffisamment d'éléments.
Parce que pour répondre à ce
que disait Monsieur tout à l'heure,
moi, je suis allée à la gendarmerie
toutes les fois j'ai reçu
des SMS et j'ai
toujours été très bien reçue,
j'ai y aller dix fois ou plus,
ils ont pris mon
affaire vraiment au sérieux,
surtout le soir on a reçu
les SMS concernant les menaces
de mort sur les
petits-enfants et là,
ils ont pris la décision
de faire déménager ma fille,
son compagnon et les enfants.
Par contre, j'avais des soupçons,
et je veux dire qu'il faut
faire attention car, finalement,
mes soupçons n'étaient pas bons.
- Donc votre belle-fille
n'avait pas encore été entendue,
donc elle monte dans votre voiture,
et que vous a-t-elle dit
en descendant de la voiture?
- Rien, elle part sereinement.
Donc on est prises dans
deux pièces différentes
par deux gendarmes différents.
Moi, je porte
plainte pour mes pneus,
et je vois
que le
gendarme,
qui me connaissait
depuis le temps que j'y allais,
fait un peu traîner l'affaire.
Et puis, environ 45 minutes après,
son collègue passe la tête à la
porte et lui fait "oui" de la tête.
Je demande si ça me
concerne, il me dit: "Oui,
elle est mise en garde à vue".
Donc là, c'est le choc...
- Ils sont malins, les
gendarmes, en Gironde...
- C'est parce que c'est
en Gironde, c'est obligé!
- Ils ont fait un vrai
travail de fourmi puisque
par les relais téléphoniques,
ils ont réussi à
retrouver effectivement...
- Les origines des messages...
- Oui, et qui avait acheté les
portables, puisque maintenant,
quand vous achetez un portable,
vous êtes obligé de
fournir une pièce d'identité...
Donc je suis sous le choc
et je ne veux pas y croire.
- Donc votre belle-fille
est mise en garde à vue,
elle n'avait pas encore avoué, mais
ils avaient de sérieux soupçons...
- Oui.
Donc ils m'ont dit: "On
va lui poser des questions,
rentrez chez vous,
on vous appellera pour
que vous veniez la chercher".
Donc on rentre chez
nous, toujours dans le déni,
on se dit que ce
n'est pas possible,
et vers 15h arrive
une première voiture
de gendarmerie
dans laquelle elle est.
Moi, naïve, je me dis:
"Ils viennent me la ramener
et s'excuser"...
Deuxième voiture de
gendarme, troisième voiture, enfin,
vous avez huit gendarmes dans votre
jardin, et elle descend menottée,
donc là, vous devez
vous rendre à l'évidence.
- Votre fils était où?
- Il était là.
Il savait qu'elle allait à la
gendarmerie ce jour-là, et à 13h,
n'arrivant pas à la
joindre, il m'appelle.
Je redoutais ce coup de
fil car comment lui annoncer
que sa compagne
était en garde à vue?
- Lui n'avait aucun soupçon...
- Non, personne, mais
comme on nous a dit après,
ce sont des gens manipulateurs,
on ne peut pas s'en rendre compte.
- Comment a-t-il réagi?
- Mal, déjà, il n'a pas été
capable de retourner au travail.
Alors, ils nous demandent
de sortir pour leur signer
les autorisations de perquisition,
puisqu'ils viennent pour voir s'ils
ne trouvent pas éventuellement
les portables qui ont
servi à envoyer ces SMS.
Je lui dis: "C'est pas possible,
c'est pas toi qui m'as fait ça?!",
mais les gendarmes
me disent: "Désolé,
vous n'avez pas le
droit de lui parler".
Ils ne trouvent rien, ils fouillent
une deuxième fois la maison, et là,
vous avez encore
l'impression que vous êtes violé...
Vous venez de ranger votre
maison qui vient d'être refaite
et on recommence...
Sur ce, ils amènent mon fils à
la gendarmerie parce qu'elle veut
lui faire porter le chapeau,
disant que c'était lui qui
dictait les SMS et que c'était elle
qui les envoyait.
Donc déjà, on voit notre
fils partir avec les gendarmes
qui nous disent: "On vous
appellera tout à l'heure".
Le temps passe, 19h,
19h30, on appelle, "Désolé,
c'est pas terminé", et
puis quand même, à 21h,
ils nous rappellent nous
disant d'aller chercher notre fils,
qui était
évidemment innocent, et puis,
elle avait fini par avouer
que c'était elle qui était l'auteur
de tout ça.
- Et pour quelle raison?
- Je l'ignore.
La raison qu'elle a
donnée au tribunal,
parce qu'on est passés au
tribunal le 6 décembre...
- A quelle peine
a-t-elle été condamnée?
- 18 mois avec sursis, 5.000 euros
de dommages et intérêts pour moi,
5.000 euros de dommages
et intérêts pour ma fille,
et le remboursement
des frais d'avocat,
car même avec une
protection juridique,
les compagnies d'assurances
ne marchent pas pour tout ce
qui est appels malveillants.
- Ca dépend des contrats...
- Elle a été condamnée
pour quoi précisément?
- Elle n'a été condamnée
que pour destruction de biens,
les pneus crevés,
les SMS de menaces,
mais le vandalisme
et le cambriolage,
elle ne l'a toujours pas reconnu,
même si un de ses SMS
disait: "Grâce à nous,
vous avez des meubles tout neufs".
- Comment a-t-elle
justifié ces SMS malveillants?
- La réponse que j'ai eue,
et je n'en suis pas satisfaite,
c'est: "Pour me
rendre intéressante".
Voilà la réponse qu'elle a
donnée au président du tribunal.
- Cette condamnation vous a
permis de tourner la page après
ces 5 mois de psychose...
- Un petit peu,
mais je reste toujours
avec ma question: "Pourquoi?",
car "Pour me rendre intéressante",
c'est pas une réponse.
- Aujourd'hui, vous avez
retrouvé une certaine sérénité même
si les souvenirs
sont encore présents...
"Retour au calme", c'est le
titre de notre reportage...
- Un samedi midi chez Annette.
Entourée des siens, elle
tente de retrouver le sourire.
Mais ce n'est pas si simple: depuis
l'affaire du corbeau il y a un an,
son équilibre
familial a été bouleversé.
- On est une famille
très unie, de toute façon,
heureusement qu'ils ont
tous été quand c'est arrivé.
- Pour Annette,
il est encore difficile de tourner
la page de toute cette histoire.
Même si sa maison a
été entièrement refaite,
elle n'arrive pas à effacer les
images de son pavillon vandalisé.
- Ca me rappelle
beaucoup de mauvais souvenirs,
car on avait acheté tous
ces meubles avec mon mari.
Ca m'a fait très mal quand
j'ai découvert ma maison comme ça.
- Sur ces photos,
l'état dans lequel
Annette a retrouvé sa maison:
son canapé lacéré,
ses matelas éventrés,
l'armoire de linge
vidée et la maison inondée.
- Malgré tout, je ne peux oublier.
Pourquoi s'en être pris avec
une telle violence à mes affaires?
J'ai perdu tous mes
souvenirs, toutes mes photos.
Je voudrais arriver à
oublier mais malheureusement,
on ne peut pas oublier.
Pour l'instant, je
ne me sens pas chez
moi dans cette nouvelle maison.
- Les dizaines de textos menaçants
envoyés par le corbeau après
le cambriolage ont
également beaucoup affecté Annette.
- "Maintenant, le compte à rebours
commence: "tic tac plouf plouf",
ta fille ou vous, on sait
pas mais le sang coulera".
Quand je relis ces messages,
ça me fait autant de mal
que le jour je les ai reçus.
J'aurais pu pardonner le vandalisme
car le matériel finalement,
ce n'est rien, mais
pardonner ça, je ne peux pas.
- 5 mois plus tard,
le corbeau a été
démasqué: il s'agissait
de l'ancienne petite
amie du fils d'Annette.
A la mairie de son
village, elle est secrétaire,
ses collègues
l'ont toujours soutenue.
- Ca va mieux?
- Oui, ça y est,
une page se tourne...
- Ses amies se souviennent bien
de cette période très difficile.
- La famille d'Annette a été
détruite par cette personne.
Ca a été très dur,
Annette se renfermait sur elle
de plus en plus de jour en jour.
Jamais je n'aurais imaginé
une affaire aussi complexe,
aussi difficile à
vivre, aussi tordue...
Jamais je n'aurais pensé
qu'une personne puisse arriver
à des choses comme ça.
- L'affaire a été très
difficile, Annette ne vivait plus,
son mari non plus, et ça a
été perturbant pour nous tous.
- Si je ne les avais pas eues,
je ne serais pas aujourd'hui.
- Son fils Benjamin
habite encore chez elle.
Le corbeau, c'est
son ancienne compagne.
- Ca va?
- Ca va...
- Cette histoire, ils ont encore du
mal à en parler, alors aujourd'hui,
Annette souhaite crever l'abcès.
- Tu te sens coupable?
- Inconsciemment...
- On ne t'en veut pas...
On ne s'en est pas
aperçus, toi non plus,
c'est quelqu'un de manipulateur.
- Inconsciemment, je
m'en veux parce que c'est
moi qui l'ai faite
rentrer dans la maison.
- Quand on apprend que la petite
copine de son fils est un corbeau,
on a mal parce qu'on
souffre pour ses enfants.
Je te souhaite tout le bonheur
du monde et je serai toujours
pour toi de toute façon.
Le passé, on le laisse derrière.
- La famille est
encore bouleversée,
il faudra du temps pour que la
sérénité revienne chez Annette.
- Ca a laissé des
traces, cette histoire...
Le seul point positif, c'est qu'il
ne soit plus avec cette personne...
- Oui, finalement, elle
lui a peut-être rendu service,
parce que mon fils, c'est quelqu'un
de très gentil, de faible sûrement,
il n'aurait sûrement
jamais osé la quitter.
Maintenant, il a
rencontré quelqu'un et
je lui souhaite tout
le bonheur du monde.
- Voilà, c'est une
bonne nouvelle ça!
Pourquoi êtes-vous aujourd'hui?
- Surtout, je suis car
je voudrais dire qu'il ne faut
pas soupçonner les gens, il faut
faire confiance à la justice car,
honnêtement, on a
évité le pire nous,
car on avait des
soupçons sur des gens...
- Cela dit, on peut dire ça
et le contraire, j'imagine...
- Vous avez raison,
c'est-à-dire qu'il
ne faut pas lyncher
la personne qu'on soupçonne
sans aucune preuve, maintenant,
il est important de faire part
de ses soupçons aux enquêteurs,
parce que c'est à
eux de faire le travail
de savoir s'ils doivent
écarter cette hypothèse ou pas.
- Je veux dire que nous, elle
a failli nous pousser au pire,
parce qu'on
soupçonnait d'autres personnes...
Les personnes ne l'ont jamais
su, mais à plusieurs reprises,
mon mari, ma famille,
enfin les hommes de la famille
ont failli aller chez ces gens-là.
- Ca, c'est pas la
solution de toute façon...
- Oui, mais quand
vous êtes à bout...
On aurait détruit une famille
qui n'y était pour rien et mon mari
et mon gendre seraient en prison.
- Après, on ne peut pas s'empêcher
de penser quand il nous arrive
une chose pareille.
- Vous en arrivez à
soupçonner votre voisin,
mais il faut faire
confiance à la gendarmerie.
C'est vrai que quand vous le
vivez, vous trouvez le temps long,
mais je me dis, quand je
vois les gens à côté de moi,
que finalement ils
ont bien travaillé.
- C'est quand même positif,
votre fils s'est débarrassé
de cette manipulatrice et
il a trouvé un rayon de soleil,
donc tout est bien qui finit bien.
- Comme souvent en Gironde!
- Simplement, attention à ne
pas rendre la justice soi-même.
- Il faut faire
très attention à ça,
parce qu'à partir du
moment on passe ce pas-là,
on risque véritablement pour
le coup de ruiner une famille.
- C'est ce qui a failli se produire
car elle nous orientait
toujours vers ces personnes-là...
- Vos soupçons
étaient confortés par elle...
- Oui, elle disait pouvoir
entrer dans les ordinateurs
des gens qu'on soupçonnait et
elle nous confortait là-dedans,
et c'est vrai que mon
gendre a failli partir,
il disait: "Qu'il me le dise
en face qu'il va tuer ma fille!",
et si on ne l'avait
pas retenu, il y allait.
- En tout cas,
ça s'est bien terminé et
on s'en réjouit pour vous.
Nadia, bonjour.
Vous avez choisi de
témoigner de manière anonyme pour
des raisons juridiques.
A quoi ressemble votre quotidien
depuis maintenant quatre ans?
- Un enfer.
Depuis 4 ans, je suis
victime d'un corbeau,
comme les précédents participants.
Ca a commencé par des
appels téléphoniques,
on va dire en moyenne 6 par jour,
mais ça pouvait être par
exemple 3 un jour et 10 un autre.
- Tous les jours?
- Tous les jours.
- Qu'est-ce qu'on vous dit
dans ces appels téléphoniques?
- On m'insulte de tous les noms,
donc ça me dit que je suis cocue,
que je dois rendre la liberté à mon
mari, que je le rends malheureux,
que je le dégoûte...
- C'est une femme qui vous appelle?
- C'est une voix
féminine, je dirais.
- Vous pensez connaître
l'identité de cette personne?
- C'est-à-dire que quand j'ai
eu connaissance de l'infidélité
de mon mari,
quelques jours après...
- Comment l'avez-vous su?
- J'ai reçu un appel téléphonique
me demandant s'il était vrai
que j'allais divorcer.
J'ai demandé qui
était cette personne,
elle m'a dit "un
messager" et elle a raccroché.
Là, je suis allée
voir sur Internet,
car c'était un numéro
qui n'était pas masqué,
et j'ai vu que ça venait
d'une cabine téléphonique.
Le lendemain, ça a recommencé.
Après, quand elle a vu que
je faisais de la résistance...
- C'est-à-dire?
- Que je ne capitulais pas.
- Vous en avez parlé à votre mari?
- Oui, mais il était
totalement indifférent.
- Il n'a pas
confirmé une infidélité?
- Si, et puis moi je
l'avais appris par des messages.
- Des messages, où?
- Des SMS.
- Que vous aviez interceptés.
Quel genre de messages?
- Lui par exemple disait:
"Je t'aime, tu me manques"...
- C'est lui qui disait ça?
- Oui, et puis,
j'ai surpris une conversation
téléphonique disant: "Elle
est d'accord", sûrement qu'elle
devait l'interroger sur le divorce,
"Il n'y a pas de
problème, elle va divorcer".
- Vous n'aviez jusque-là eu
aucun doute sur sa fidélité,
donc j'imagine que déjà,
la découverte de son
infidélité a vous affaiblir...
- Disons que j'ai pris ça pour
une trahison parce que je suis
une personne quand même ouverte,
donc s'il m'avait dit ouvertement
qu'il avait rencontré quelqu'un,
qu'il l'aimait, j'aurais dit: "On
va trouver un terrain d'entente",
et puis c'est tout.
Moi, je ne laisse pas les oiseaux
en cage, c'était ma philosophie,
mais ça ne s'est
pas passé comme ça.
- Donc vous vous
êtes sentie trahie.
Il a parlé de divorce?
- Lui, jamais,
ce sont les appels
téléphoniques anonymes
qui me disaient: "Rends-lui
sa liberté, de toute façon,
il ne t'aime plus".
- Mais quand vous en parliez
avec lui, il vous disait quoi?
- Il n'était au courant de rien.
- Il ne vous a pas demandé
de divorcer pour rejoindre
sa maîtresse...
Quelques mois plus tard, vous avez
été mutée dans une autre région,
donc vous avez pensé que ces
appels anonymes allaient s'arrêter,
avez-vous retrouvé
un peu de tranquillité?
- Non, car les appels ont
continué, ainsi que des courriers.
- Votre mari était
toujours avec vous?
- Oui, mais pas
dans la même région.
- C'est-à-dire
que vous êtes partie seule dans
cette autre région sans pour autant
décider de vous séparer.
Donc vous vous êtes
sentie à nouveau surveillée?
- Oui, et j'ai décidé
d'aller porter plainte.
La police a pris ma plainte,
et je leur ai dit: "Le problème,
c'est que c'est tous
les jours qu'on m'appelle".
Je suis tombée sur
un policier charmant,
qui m'a dit: "Vous
pourrez venir tous les jours".
Et puis un jour je
suis tombée sur une femme
qui m'a dit: "Vous
n'allez pas venir tous les jours,
vous faites un listing,
au bout de quelque
temps vous revenez et on fera
des compléments de plainte".
- Vous n'avez pas
envisagé de changer de téléphone?
- Non, parce qu'il y a 10 ans,
j'avais 45 ans, j'ai eu un cancer,
un cancer très avancé, et donc,
je ne voulais pas que le
centre de lutte contre le cancer,
parce qu'il y a plein de services,
et eux avaient
besoin de me joindre...
Et quand ils m'appelaient,
ils m'appelaient tout le
temps en numéro caché, alors donc,
quand ça appelait,
je ne voulais plus répondre parce
que je me demandais si c'était
le corbeau ou l'hôpital.
- Vous auriez pu changer
de numéro et les avertir...
- Oui, mais c'est pas
évident pour le suivi,
alors c'est pour ça que j'y tenais,
c'était surtout pour ma santé.
- Mais j'imagine que quand même,
ces années d'angoisse ont eu des
répercussions sur votre santé...
- Oui.
Alors, le procureur
une première fois a classé
la plainte sans suite
faute d'éléments probants.
Donc il est certain
que j'étais en colère.
- Aujourd'hui, vous en êtes où?
- J'ai eu un autre
cancer il y a un an et demi...
- Lié au précédent?
- Non, c'est un nouveau cancer.
Là, j'ai décidé de
changer de numéro de téléphone,
mais le corbeau ne
s'est pas contenté de ça,
donc je reçois des courriers.
- Donc le corbeau a
votre nouveau numéro...
- Il a mon adresse, je peux
déménager, partout il me suit.
- Donc
aujourd'hui, vous en êtes là...
- Maintenant, j'ai redéposé une
nouvelle plainte avec un avocat,
et voyant que ça n'avançait
pas, j'ai vu avec la justice,
et la justice vient d'ouvrir
une information judiciaire, et là,
j'attends la suite
qui va être donnée.
- Un conseil de Marc?
- Simplement pour expliquer...
On peut toujours passer
outre un classement sans suite,
déposer une plainte, saisir un
juge d'instruction, l'avantage,
c'est que le juge d'instruction
a des pouvoirs d'investigation
qui permettent de faire
des investigations
beaucoup plus poussées.
Un conseil: essayer de se préserver
de tout ça autant que faire
se peut.
Vous êtes toujours dans
deux domiciles distincts?
- Non, nous sommes sous le
même toit mais nous cohabitons.
Disons que moi, je
veux bien divorcer,
mais je veux la
moitié de mon patrimoine.
- On a l'impression que celle
qui a intérêt à faire en sorte
que vous craquiez,
c'est celle qui convoite
votre époux depuis si longtemps.
- Vous la connaissez?
- Je ne l'ai jamais vue mais,
par contre, je sais elle habite.
- Et en sachant elle
habite, elle ne peut rien faire?
- A part donner ces éléments
aux services judiciaires en charge
de l'enquête, non.
- A l'issue des
premières auditions,
c'est sûr que la police a de fortes
présomptions sur deux personnes,
elle a averti le
procureur de la République,
mais ils n'ont pas avoué.
- Et votre mari nie toujours être
au courant de quoi que ce soit...
- Oui, et depuis juin 2013,
je n'ouvre plus les courriers,
au cas il y ait des
indices à l'intérieur,
de façon à les analyser
pour trouver des empreintes,
alors je les remets à mon avocat,
et lui les transmet au tribunal.
- On vous souhaite bon courage.
On va revenir à
l'histoire de Thierry...
Cela fait maintenant 16 mois
que vous subissez des menaces
de la part d'un corbeau
alors que vous pensiez passer
une retraite
paisible dans le Sud-Ouest.
A quoi ressemble votre
quotidien aujourd'hui?
- Mon quotidien est
assez morose puisque le fait
de recevoir tous ces
courriers, vous devenez méfiant.
Vous avez des craintes,
vous avez tendance à
rester enfermé chez vous,
à éviter de vous
retrouver dans certains endroits
vous seriez susceptible
de croiser d'autres personnes
qui ont un regard sur vous négatif.
- Vous vous êtes fait
suivre psychologiquement?
- J'ai consulté un psychologue.
Les conséquences de
tous ces courriers qui font
que vous vous retrouvez
complètement isolé à un moment
ou à un autre ont fait que j'ai
failli commettre l'irréparable,
et c'est simplement un appel
sur mon téléphone à ce moment-là
qui m'a empêché de passer à l'acte.
- Donc vous êtes très dépressif...
- Je deviens très
dépressif effectivement.
- Vous vous êtes séparé de votre
compagne pour voir si les choses
se calmaient?
- Le but de ces courriers
est l'issue souhaitée, mais...
- L'amour est plus fort...
- Oui, et on revient
systématiquement l'un vers l'autre.
- A quand remonte le dernier
courrier que vous avez reçu?
- Une dizaine de jours.
- Quelle décision avez-vous prise
récemment pour tenter de mettre
un terme à cette histoire?
- J'ai mis ma maison en vente.
Je souhaite quitter les
lieux, de façon à me reconstruire,
à ce que l'on
puisse se reconstruire.
- Votre compagne vous suivrait?
- C'est ce qu'elle
m'a laissé entendre.
- Vous n'avez pas de certitude?
- Si.
Il faut lui laisser
quelque temps par rapport
à sa situation matrimoniale,
mais le souhait de chacun
est qu'on finisse ensemble.
- Bon courage, on vous le souhaite.
Le fait de témoigner
aujourd'hui sur notre plateau?
- J'aimerais que ça
permette de la laver de toutes
les "saloperies" qui ont
été écrites dans ces courriers,
et dire que la définition
qu'on en a faite au travers
de ces courriers ne correspond
pas à la personne que j'ai en face
de moi.
- Vous parlez de votre compagne...
- Oui.
- En fait, vous venez
pour redorer son blason...
- Je pense qu'elle en a besoin.
- Elle est dans le même
état psychologique que vous?
- Elle est dans un
état pire que moi.
- Elle a envisagé aussi
de commettre l'irréparable?
- Non, mais elle est
en pleine dépression...
Voilà ce que cette ou ces
personnes ont réussi à faire.
J'espère que les choses en
resteront et que ça n'ira
pas plus loin.
- Quand vous voyez l'issue
heureuse de l'histoire d'Annette,
ça vous donne de l'espoir?
- On a toujours l'espoir
qu'on puisse mettre la main
sur ces personnes et qu'elles
soient jugées de ce qu'elles
ont fait, parce qu'elles
ne se rendent pas compte
de l'impact
psychologique que ça peut avoir.
- Si, c'est fait pour ça...
- C'est ce qu'elles recherchent.
- Oui, mais je ne
voudrais pas justement que
le but souhaité soit
celui qui se produise.
- Nathalie, votre fille de
17 ans a perdu la vie dans
un accident alors qu'elle se
trouvait en colonie de vacances
aux Etats-Unis.
Vous avez alors
créé une association
et vous êtes battue
pour faire en sorte
que ce type
d'organisation soit plus efficace,
qu'il y ait plus de
rigueur, mais très vite,
vous avez été victime
d'un corbeau vous accusant
de vous enrichir grâce
au décès de votre fille.
Quelles proportions ces
accusations ont-elles pris?
- Le premier mail,
la première attaque,
c'était au moment
l'indemnisation allait arriver,
et je la redoutais,
déjà parce que c'était la fin
de la procédure
américaine dans laquelle
je m'étais
investie durant trois ans,
et que ça faisait partie
certainement de mon deuil,
je ne voulais pas en
voir la fin en fait.
Quand j'ai lu ce mail,
je me suis retrouvée dans le
même état que lorsqu'on m'a annoncé
la mort de ma fille, donc
j'ai été dans la résistance.
On salissait mon
combat, qui était pur.
Au fond de moi, je savais que
je n'avais rien à me reprocher,
et je ne savais pas quelle
attitude adopter car je n'avais
pas d'adversaire face à moi.
Alors, j'ai opté pour le silence,
et le silence parfois est
synonyme de culpabilité ou d'aveu.
J'attendais que le temps passe
pour prouver le mieux possible
que cette salissure
n'était pas justifiée.
- Donc vous avez porté plainte...
- Oui, l'affaire a
été classée sans suite,
et puis j'ai laissé courir parce
que je me suis dit que j'avais
ma conscience pour moi et
que je devais aller de l'avant.
Mais le problème,
c'est que les années passent et
qu'on réalise la perte de l'enfant.
Et puis, il y a des
moments tout se cumule,
et je n'ai pas pu
apporter la preuve publiquement
que je n'avais pas
vendu mon âme au diable,
que je n'avais pas
fait ça pour l'argent
et que l'argent était
synonyme de sanction,
que si la sanction était
plus importante aux Etats-Unis...
La mort d'un enfant mérite
une sanction, et malheureusement,
souvent, on fait le rapport
entre la somme d'argent versée
et la gravité des choses.
- Aux Etats-Unis, les
dommages et intérêts sont punitifs,
c'est-à-dire que les sommes
très importantes qu'allouent
les juridictions américaines,
elles sont non pas en
réparation du préjudice,
mais pour punir
l'acte qui a été commis.
C'est totalement différent
de ce qu'on fait en France,
c'est pourquoi il
faut bien comprendre ça,
car les gens ne comprennent
pas qu'il y ait de tels dommages
et intérêts qui
soient parfois alloués.
- Moi, j'ai fait un recours
aux Etats-Unis car je voulais
la sanction, pas la
réparation, puisque de toute façon,
je ne peux pas l'avoir, et le
terme était totalement déplacé...
En France, on parle de réparation
pour des montants insignifiants
qui ne permettent même pas aux
familles de pouvoir s'effondrer,
alors à ce moment-là,
on ne parle plus d'argent.
Moi, j'ai pu dire à celle qui
avait tué ma fille: "Il va y avoir
une punition", et j'ai eu cette
possibilité d'aller aux Etats-Unis,
je n'ai pas à en avoir honte.
Deux autres familles ont
été indemnisées comme moi,
mais les lettres ne
s'adressent qu'à moi,
c'est moi que l'on veut détruire,
et on a failli me détruire.
- Vous êtes dans
quel état aujourd'hui?
- Je suis dépressive,
je suis hospitalisée.
Lorsque Léa est décédée, j'ai
voulu qu'elle ait une mère digne,
et j'ai voulu absolument rester
dans la normalité: j'ai repris
le travail très rapidement,
j'ai la chance d'avoir un
employeur très compréhensif.
J'ai voulu rester
dans la normalité,
mais c'est impossible
quand on a perdu un enfant.
- Donc vous avez
réagi après coup...
- 4 ans après, j'ai tenté
de mettre fin à mes jours,
parce que je lance des
SOS à la justice et qu'elle
ne me répond pas, et que la
seule fois elle m'a répondu,
c'était à l'étranger
et je suis française.
- Pourquoi avez-vous
souhaité témoigner aujourd'hui
sur notre plateau?
- Le corbeau dans ses
lettres dit: "Vous devez m'apporter
la preuve que vous n'avez pas
renoncé à tout pour de l'argent".
Aujourd'hui, je le dis:
une instruction est en cours,
nous attendons les
réquisitoires du procureur,
et je n'ai rien
cédé contre de l'argent.
Donc je dis aujourd'hui au
corbeau: voilà, tu as la preuve,
je suis même allée
au-delà de ce qu'on me demandait.
Alors aujourd'hui je
demande des excuses publiques.
Il fallait que je réponde
par écrit à chaque personne?
Alors je profite de cette tribune.
J'ai répondu à l'appel à témoins
pour dire: "Tu veux une réponse?
Tu l'as".
J'ai douté à un
moment donné: est-ce que
tu as réellement vendu la procédure
française pour de l'argent
aux Etats-Unis?
Mais j'ai ma conscience pour moi.
Et je veux que tout le monde
sache que ma fille, c'était ma vie,
et tous les millions du
monde ne me la ramèneront pas,
et que si le 22
décembre j'ai voulu mourir,
c'est que les millions ne
m'ont pas apporté le bonheur.
- Finalement, vous êtes
rentrée dans son jeu alors
que vous n'avez rien à lui prouver.
Vous avez votre conscience, l'amour
que vous portiez à votre fille,
et ces deux éléments-là suffisent
à eux-mêmes pour
justifier votre comportement.
- Je n'ai pas à me justifier,
mais l'argent corrompt tout.
- Surtout celui qui
ne le reçoit pas...
- Oui, car je suis une
mère désenfantée et il
y a quand même des
gens qui me jalousent,
des gens qui le
voudraient, cet argent.
Alors, si ce quelqu'un
veut ma place, je la cède,
mais qu'on me ramène ma fille.
- J'espère que vous serez
entendue par les bonnes personnes.
Merci à tous,
on espère que vous retrouverez
plus de sérénité dans les jours
qui viendront, et puis peut-être
que vous viendrez vous-même nous
le dire sur le plateau de
"L'Histoire continue...".
Merci à tous, merci Marc.
Parfois, comme
c'est le cas aujourd'hui,
on se rend compte que c'est
une longue histoire qui nous unit
à nos invités.
C'est notamment le
cas avec Amaury Vassili.
Inutile de vous
présenter ce beau jeune homme
que vous connaissez tous
puisqu'il s'est rendu célèbre grâce
à une voix hors du commun.
Ce que vous savez peut-être moins,
c'est que Jean-Luc
Delarue avait déjà eu l'occasion
de le rencontrer alors
qu'il n'avait que 17 ans.
Bonjour Amaury.
Merci d'avoir
accepté notre invitation.
Vous aviez
participé à notre émission
le 10 octobre 2006 alors que
vous n'étiez pas encore très connu.
J'ai eu l'occasion
de vous recevoir depuis puisque
vous avez représenté la France
à l'Eurovision,
c'était il y a deux ans.
Dans quel état d'esprit étiez-vous
à l'époque vous êtes venu
sur ce plateau
pour la première fois?
- Je découvrais les
joies des
plateaux télé,
de tout ce fourmillement qui
peut y avoir dans ces plateaux.
La sensation, c'était de
découvrir un peu un autre plateau
car je t'étais passé chez
Pascal Sevran peu de temps avant.
J'avais 15 ans.
- Vous avez toujours été
attiré par l'univers de la musique?
- Essentiellement la musique.
La télé, c'est venu
finalement après...
La musique était
depuis l'âge de 9 ans.
J'ai suivi un
chemin un petit peu rare
de nos jours puisque finalement
j'ai commencé par des concours
de chant qui m'ont emmené ensuite
sur un casting et qui lui-même
m'a amené à rencontrer des gens
qui m'ont poussé dans ce métier
et qui m'ont donné cette chance.
- Le but, c'était quoi?
Chanter ou devenir célèbre?
- Le but, c'était
de chanter avant tout.
Moi, la célébrité,
ce n'est pas quelque chose qui
m'attire encore à l'heure actuelle.
C'est vraiment le contact avec
le public qui est très important.
C'est fantastique de
pouvoir honorer un concert à Paris.
Moi, qui suis un provincial
et qui a débuté près de Rouen,
l'idée de pouvoir donner un
concert sur Paris c'était déjà
un grand rêve.
J'ai pu le réaliser à
l'âge de 20 ans et j'espère
que je vais
continuer encore longtemps.
- On vous le souhaite.
Du haut de vos 17 ans,
vous faisiez déjà preuve
d'une grande détermination
et vous étiez convaincu
d'avoir les moyens de réussir.
Même si votre choix était risqué,
vous n'avez jamais
cessé de croire en vous.
Avant de découvrir
vous en êtes aujourd'hui,
on va regarder un extrait de votre
passage à "Toute une histoire"...
- Mon rêve absolu,
ce serait de me produire
sur les plus grandes scènes.
- Vous l'avez
certainement reconnu...
Cette voix inimitable, c'est celle
du jeune ténor Amaury Vassili,
alors âgé de 17 ans.
- J'ai commencé à chanter à
l'âge de 9 ans dans un centre
de comédie musicale.
Par la suite, je me suis découvert
un plaisir à être sur scène.
A l'âge de 15-16 ans,
je me suis inscrit sur des grands
sites de castings et à 16 ans,
j'ai réussi à avoir
mon contrat et de là,
j'ai eu un single qui est sorti.
- Si ce premier single n'avait
pas reçu le succès qu'il espérait,
Amaury ne désespérait pas d'être
un jour en haut de l'affiche.
- Ca représente quoi
la célébrité pour toi?
- C'est le fait de
passer dans des magazines,
c'est d'être reconnu
d'un certain public.
- Tu as envie de l'amour du public?
- Pour devenir célèbre,
c'est quand même mieux.
- Je vois tes yeux qui
brillent quand on parle de ça.
- Oui, c'est clair
que c'est un rêve.
- Malgré son jeune âge,
Amaury était
déterminé à atteindre son rêve.
Il serait chanteur et rien d'autre.
- Tu vas encore au lycée?
- Non, fini.
- Tu ne prépares pas
d'une autre façon l'avenir?
- Non.
- Tu as des diplômes?
- Non.
C'est génial d'être célèbre,
c'est ce que j'ai envie de devenir.
- 7 ans après l'émission,
c'est un jeune homme de 24 ans
à la carrière déjà bien remplie
que nous retrouvons.
Depuis son passage
dans "Toute une histoire",
Amaury a parcouru bien du chemin.
- En 3-4 ans,
je suis passé de petits
cours de chant de débutant
à des enregistrements
studio, des plateaux télés,
des interviews radio...
C'est incroyable
quand on réalise...
- Cette notoriété fulgurante,
Amaury la doit à son
premier album sorti en 2009.
Un engouement du
public qui n'a pas fini
de surprendre le ténor.
- Ma carrière a commencé à décoller
quand j'ai signé chez Warner.
Il y a eu vraiment
cette équipe qui s'est créé,
y compris avec la
maison de disques,
qui a fait qu'on a pu
vendre 300 millions d'albums.
Je n'ai pas tout de suite réalisé
que c'était aussi extraordinaire.
Et quand j'ai pu
entrevoir, un tout petit peu,
une carrière internationale, là,
c'était la cerise sur le gâteau.
En un album, c'est balèze.
J'étais super content de moi.
- Malgré ce succès précoce,
Amaury ne se repose pas
pour autant sur ses acquis.
Le jeune chanteur
a encore des rêves.
- C'est une grande part de fierté,
quand on a 24 ans et qu'on approche
la décennie de carrière, déjà,
c'est magique.
J'ai eu la chance de
faire des scènes magnifiques,
d'avoir des expériences
uniques comme l'Eurovision.
J'ai un trou de
mémoire sur ta question...
Ah oui, les rêves!
Je n'ai pas encore
atteint tous mes rêves.
J'ai fait un premier quart de ma
carrière et j'espère que j'aurai
la chance que le
public me soutienne encore
de nombreuses
années pour que ça dure.
- Daniel Moyne, le manager
d'Amaury et Nadine, sa mère,
ont tous les deux contribué
au succès du jeune chanteur.
- J'ai sans doute
été sa première fan.
Quand il avait 14 ans,
il a fait son premier concours
et toute la salle s'est levée.
Ca a été comme un flash.
J'ai envoyé une
maquette à Daniel Moyne.
- Quand j'ai
entendu ça, j'ai dit: "Ah!
Là, je crois que je ne
le lâche plus." Il y avait
un potentiel énorme.
Il y avait des notes
de chanteurs lyriques.
J'ai frappé à toutes les
portes et je me suis battu.
- Depuis bientôt 10 ans, Daniel
et Nadine soutiennent Amaury.
Et ils sont persuadés
que le chanteur peut
aller encore plus loin.
- Quand Amaury a
sorti son premier album,
ça a été un énorme
plaisir pour lui et pour nous.
A 19 ans, il a fait un Olympia,
ce qui n'est quand même pas rien...
- C'est un ovni et je
pense que ce n'est pas fini.
Il a envie de
changer de répertoire,
en allant vers
quelque chose de plus rock.
- Je pense qu'il va continuer
à progresser et à aller loin.
On est très fiers de lui.
- Ce soir, Amaury a rendez-vous
avec le public parisien.
Et même si son spectacle ne
commence que dans trois heures,
certains fans
répondent déjà présents.
- Depuis le temps
qu'elle attendait...
- Merci à vous.
Bonne soirée et à tout à l'heure.
- Après cette entrée
remarquée, place aux répétitions.
...
- Je me sens bien.
A priori, la voix
est donc ça rassure.
- Dans la salle, Nadine et Michel,
les parents d'Amaury ne
manquent rien des répétitions,
ni même des
représentations de leur fils.
Il l'accompagnent
dès qu'ils le peuvent.
- Je pense que c'est
important d'être là,
de continuer à le soutenir.
Ca nous rappelle un peu les débuts.
- Il se sent soutenu parce
qu'il sait qu'on est derrière et on
ne se cachera pas de
lui dire un petit mot s'il
y a quelque chose qu'on a
senti qui nous plait pas trop,
qui pourrait être amélioré.
- Mais bon, il n'y a pas trop de
choses à corriger pour le moment.
- Les répétitions terminées,
le compte-rendu de
Nadine ne se fait pas attendre.
- On est bien là.
Tâches de nous faire
la même belle prestation.
- En mieux encore.
- OK, en mieux.
Pari tenu.
- 20h30, la salle ouvre ses portes.
Et alors que les spectateurs
prennent place, Amaury, lui,
se prépare en toute décontraction.
- Il y avait une période j'avais
besoin d'être concentré avant
de rentrer.
Maintenant, je suis plus zen.
Je pense que c'est
le métier qui rentre.
Il y a toujours
une petite pression.
Est-ce qu'ils vont apprécier?
Est-ce que je ne
vais pas les emmerder?
Il va falloir faire ce
qu'il faut pour que ça le fasse.
Tu vois la coiffure,
ça fait partie du truc.
- C'est parti pour une
heure et demie de show.
- Merci à tous et
toutes d'être ici ce soir.
C'est ma première fois ici
et j'espère que ce ne sera
pas la dernière.
- Devant une salle
qui affiche complet,
le jeune ténor interprète tous
les succès de ces trois albums.
...
- Amaury est
aujourd'hui un artiste accompli.
9 ans après avoir fait
lui-même des premières parties,
il invite à son tour de
jeunes talents et forme
le temps d'une chanson un
duo avec la chanteuse Judith.
...
- Alors, quel
regard sur ce parcours?
- L'évolution physique m'a troublé.
J'ai l'impression d'être comme ça
depuis pas mal d'années maintenant.
2006, ce n'est pas si loin que ça.
Que de choses...
- Vous aviez déjà une tête de
garçon très mûr, je trouve...
- Oui, finalement,
je vais peut-être
retourner aux cheveux courts.
- Non, ça vous va bien comme ça.
- C'était une belle période.
C'était la période tout
était permis donc on se prenait
à rêver de ces
albums qui sont sortis,
de ces concerts qui ont eu lieu.
- Finalement, ce qui s'est produit
est conforme à ce dont vous rêviez.
- C'est même mieux.
Quand je revois ce
que je pouvais dire,
je pense que mes motivations
n'étaient sûrement pas les bonnes.
Ce que je recherche
à l'heure actuelle,
ce n'est pas cette célébrité.
Quand on y a goûté,
on se rend compte de la
personne qu'on est vraiment et
de la personne
qu'on a envie de devenir.
J'ai toujours eu une
éducation, grâce à mes parents,
qui m'a permis de
garder les pieds sur terre.
Malgré les
compliments qu'on peut recevoir,
aussi nombreux
soient-ils dans ce métier,
avoir ce socle familial qui
vous garde parmi les gens normaux,
c'est ce qui m'a permis
de gravir les échelons.
- Ils sont tout
le temps vos parents?
- Non car maintenant,
depuis quelques années,
ça devient difficile de
suivre parce que ça a bien démarré.
Mais les deux
trois premières années,
ma maman était très présente.
- Est-ce qu'à un moment donné
vous avez pris la grosse tête?
- Non, je pense qu'il y a eu
une fierté un peu plus marquée
à un moment mais ce
n'était pas de la grosse tête.
Vous savez, à un moment,
vous commencez à
acquérir une certaine expérience
et cette expérience se transforme
en de la confiance en soi.
C'est vrai que dans le
métier, toute confiance en soi,
peut être interprétée
d'une mauvaise manière.
Je pense qu'on a
tous besoin de soutien.
Mais je pense qu'il
faut aussi savoir qui on
est et quelles sont nos
possibilités dans ce métier.
- Il n'y a pas une
angoisse sur comment
on va faire pour
faire durer tout ça?
Quand on commence à 15 ans,
ça fait déjà 10 ans de carrière,
on s'interroge sur
l'avenir quand même...
- Totalement, c'est même
omniprésent puisque musicalement,
on a toujours plein d'idées mais
après, comment va réagir le public?
Est-ce que le public
ne va pas se lasser?
Il y a toujours cette crainte.
Après, je pense qu'il
faut prendre un recul
qui est obligatoire pour
essayer de faire de bons albums
et pour sans cesse se renouveler,
sans perdre la base
qui a fait le succès.
- Vous avez trouvé des auteurs?
- Oui, j'ai une équipe fidèle
qui est depuis mes débuts.
Quentin Bachelet, Daniel
Moyne et Davide Esposito
qui est l'auteur
italien de toutes mes chansons.
Ce petit cocon a crée ma
famille artistique et depuis,
ils me suivent tout le temps
et ils vont encore me suivre pour
le prochain album qui
est prévu pour très bientôt.
Sans ce socle-là,
on peut vite se faire
happer par de mauvaises personnes.
- Vous avez eu de
grosses déceptions déjà?
Moi, je connais bien la personne
qui vous a choisi pour participer
à l'Eurovision...
- J'ai eu une déception momentanée
avec ce concours de l'Eurovision.
J'avais terminé 15e alors
que j'étais dans les favoris.
Malgré cette petite
déception à la fin,
je garderai une image
extraordinaire de cette aventure.
Avoir plus de 150 millions de
spectateurs qui sont en train
de vous voir, c'est magnifique.
Sur le coup, j'étais
un petit peu énervé.
Ca a eu du mal à
passer car j'ai tout donné.
A la fin de ce concours, une fois
que j'ai appris que j'étais 15e,
il y a eu la retombée.
Là, c'est vraiment le
physique qui a parlé.
J'ai senti que mon corps
s'était vidé de toute son énergie
au moment
l'émission, s'est finie.
- Oui, mais c'est bon aussi.
On ne peut pas
avoir que des succès.
Il faut savoir se
construire aussi sur des échecs.
- Oui et moi,
j'ai du mal à considérer ça comme
un échec puisque finalement...
Après, il y a eu des
retombées qui ont été fantastiques,
qui m'ont permis de traverser
les frontières grâce au fait
que j'ai été favori.
J'ai quand même eu la chance
que Monsieur Strauss-Kahn me vole
la vedette le
lendemain de l'Eurovision.
Tout le monde m'a oublié donc j'ai
bénéficié de l'avant Eurovision
et je n'ai pas eu
les effets négatifs.
C'est idyllique!
- Malgré cet emploi
du temps surchargé,
vous avez le temps de
regarder "Tout une histoire" depuis
que vous avez participé...
- Oui, car c'est une émission...
Je ne regardais pas
avant d'y participer.
Et c'est vrai que j'ai
découvert cette notion
de partage d'expériences
qui est très importante.
J'ai toujours grandi dans une
famille on parlait beaucoup,
et c'est ce que j'ai beaucoup
apprécié dans cette émission.
Ca permettait d'échanger
nos expériences, nos réussites,
nos échecs et c'est vrai
que du haut de mes 17 ans,
après avoir vu cette émission,
j'avais envie de
revivre ce moment-là.
- Votre témoignage donnera
sans doute de l'espoir à celles
et ceux qui rêvent
de devenir chanteurs.
La petite Judith qu'on
a vu en duo avec vous,
c'est une jeune chanteuse?
- C'est une jeune
chanteuse qui a déjà sorti
un album l'année dernière et
qui sort son prochain album dans
un mois et demi.
Ce sera une belle surprise!
- Et vous, vous en
êtes à votre 4e album?
- Le 4e sort le 19 mai.
- C'est le jour
de mon anniversaire.
- Je vous l'offrirai
pour votre anniversaire.
- Bon d'accord.
Il s'appellera comment?
- Je ne sais pas encore..
Peut-être "Sophie" alors...
- Je vais vous demander
de signer le grand livre
de "L'histoire
continue." Merci en tout
cas d'être venu nous rendre
visite à nouveau sur ce plateau.
On vous dit "merde" pour la suite.
Merci à tous pour votre
confiance et votre fidélité.
A bientôt pour
d'autres d'histoires.
Tout de suite, le sommaire
de notre prochaine émission.
Bon après-midi sur France 2.
- A plus de 30 ans ou 40 ans,
ils vivent encore chez leur mère.
- Mon fils a 34 ans et
vit toujours à la maison.
- Je vais avoir 40 ans, je
suis toujours chez mes parents.
Je suis très bien je suis.
- Mais pourquoi
n'ont-ils jamais pris leur envol?
- Je n'ai jamais réussi à partir.
Pas envie de couper le cordon.
Partir, me retrouver
toute seule, ça m'angoisse.
- Pas voir son
enfant pendant une semaine,
ne pas avoir de coups de téléphone,
ne pas savoir ce qu'il fait,
ça doit être agréable à vivre.
- Et pour ceux qui ont osé partir,
pourquoi avoir
fait machine arrière?
- Pour la première fois, vous
êtes parti de chez vous à 38 ans...
- Et je suis revenue car
j'avais besoin de revenir auprès
de mes parents.
- J'ai pris un studio vers 35
ans et le propriétaire a voulu
le reprendre donc j'ai du repartir.
- Vous auriez pu en
chercher un autre...
- Oui, mais c'était plus
facile de vivre avec ma mère.